Discours du Roi aux Autorités du Pays

  • 27/01/2009
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Nieuwjaarsreceptie voor de voornaamste autoriteiten en personaliteiten van het Land.
Belga

Nos pensées à tous ici, vont d'abord aux familles durement éprouvées par la tragédie de Dendermonde. Que les proches de ces victimes innocentes sachent que nous sommes à leurs côtés. Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui sont intervenues là avec efficacité et grande humanité.

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs,

Je remercie le Premier Ministre pour les voeux qu'il nous a exprimés en votre nom à tous, à l'occasion de cette nouvelle année.

Je me réjouis qu'un nouveau gouvernement ait pu être mis sur pied dans des délais rapides. Je suis confiant qu'il affrontera dans la stabilité et avec détermination les nombreux défis économiques, sociaux, financiers et institutionnels auxquels notre pays doit faire face.

Nous le savons bien, cette année ne sera pas facile. La crise financière a un impact substantiel sur l'économie internationale et donc aussi sur la nôtre. Ceci a d'ailleurs été confirmé récemment par de nouvelles prévisions préoccupantes de la Commission européenne pour 2009. J'aimerais partager avec vous quelques réflexions sur cette crise, et surtout sur la manière de la surmonter.

Il me semble que notre attitude de base devrait être de ne pas subir cette crise de manière isolée, chacun pour soi. Nous devons la relever ensemble, de façon créative, volontariste, et créer de nouveaux emplois. Comment s'y prendre ?

1) Sur le plan mondial d'abord.
La crise a un caractère global. La débâcle des subprimes aux Etats-Unis, le développement de produits financiers incontrôlés, vendus dans le monde entier, a créé une situation désastreuse dans le secteur financier des pays développés. L'impact de la déroute financière sur l'économie réelle fut rapide. L'économie mondialisée en fut affectée dans son ensemble, y compris celle des pays en développement.
a) Pour surmonter cette crise, il nous faudra d'abord, à l'échelle mondiale, développer des mécanismes de contrôle des produits financiers, et des principales institutions financières. En effet, une économie mondialisée nécessite des règles globales. Une autorité internationale est donc nécessaire qui puisse, à l'avenir, rendre ce type de dérives impossible. La finance internationale a besoin d'être encadrée.
b) Le rôle de surveillance du Fonds Monétaire International devra être intensifié pour aider à combattre les grands déséquilibres financiers. Cette surveillance devra s'appliquer à tous les pays, y compris les plus grands.
c) Evitons également que les pays ne se replient sur eux-mêmes et n'aient recours à des mesures protectionnistes. Dans un tel scénario, chacun serait perdant. Au contraire, il est nécessaire d'ouvrir davantage et de stimuler le commerce international tout en donnant des garanties nécessaires, demandées par certains pays en développement. La tâche de l'Organisation mondiale du commerce est ici fort importante.
d) La Banque Mondiale peut, elle aussi, jouer un rôle précieux en finançant davantage encore des projets, spécialement d'infrastructure.
e) Tout comme cela s'est fait à la fin de la seconde guerre mondiale par les accords de Bretton Woods, nous aussi devons rénover maintenant notre système financier international. Il a déraillé, entraînant des pertes énormes pour l'humanité tout entière. Rappelons brièvement que la finance doit servir l'économie, et celle-ci l'homme.
Veillons aussi à ce que les économies émergentes puissent jouer un rôle plus important dans les institutions financières internationales. La vie économique, devenue multipolaire, doit se refléter dans ces institutions.

2) Deuxièmement, au niveau européen. Ici également nous devons réagir. Réjouissons-nous d'abord de la création de l'Euro, il y a 7 ans maintenant. Sans l'Euro les conséquences de la crise financière auraient été bien plus dramatiques en Europe, et aussi pour notre pays.
Il est important, comme l'a souligné le Conseil européen, de bien coordonner nos différents plans de redressement, en particulier dans la zone Euro. Ces mesures nationales de relance doivent se renforcer mutuellement.
Agissons ensemble pour accélérer les efforts de recherche et de développement voulus par la stratégie de Lisbonne qui vise à faire de notre continent l'économie la plus compétitive du monde.
C'est également le moment de renforcer les initiatives en faveur des économies d'énergie par des investissements, notamment dans le secteur du logement. Il faudra en plus, comme nous devons le faire en Belgique, déterminer en Europe le mix énergétique pour l'avenir, sur la base d'arguments rationnels et réfléchis, en fonction de la sécurité d'approvisionnement, d'un taux d'émission de CO² le plus faible possible, et au coût le plus bas. Le moment n'est-il pas venu aussi d'accélérer chez nous le développement de certaines infrastructures.
Par ailleurs, la Banque Européenne d'Investissement financera davantage les PME et soutiendra des projets dans les domaines « énergie et climat ».
Bref, pour lutter contre la crise, il nous faudra plus d'Europe, et moins de nationalisme.

3) Enfin, au niveau national, régional et communautaire, nous devons être ambitieux, comme l'ont souligné nos gouvernements dans leurs plans respectifs. C'est l'occasion d'accélérer des réformes, et de renforcer de façon significative notre économie dans un certain nombre de secteurs où nous avons déjà de sérieux atouts qui peuvent être créateurs d'emplois. Je pense entre autres, aux opportunités dans le secteur des écotechnologies qui va connaître une forte croissance ; qu'il s'agisse de la purification de l'air, de l'eau, et des sols, de l'économie d'énergie, du recyclage des matériaux, etc. La logistique est un autre secteur très prometteur compte tenu des perspectives considérables de développement de différentes formes de transport de personnes et de marchandises. Accentuons aussi davantage la valeur du rôle de Bruxelles comme capitale européenne. Je me réjouis, à ce propos, de l'initiative des organisations patronales nationale et régionales, de promouvoir la « Business Route 2018 for Metropolitan Brussels ».
Ces atouts, et bien d'autres encore, ont été mis en évidence lors de notre visite d'Etat en Inde.

Notre pays doit renforcer son effort pour atteindre les objectifs de recherche et de développement prévus dans les accords de Lisbonne. C'est ainsi que nous pourrons au mieux préparer la reconversion et la modernisation de notre économie. Je me réjouis du rôle actif de nos universités dans ce domaine, et de leur partenariat avec le secteur privé. Ces aspects furent bien visibles, eux aussi, lors de notre visite en Inde.

Pour terminer, mettons par la voie des Communautés de notre pays, l'accent sur l'enseignement et la formation professionnelle. C'est urgent si nous voulons tenir tête aux défis de demain.

Voilà, Mesdames, Messieurs, quelques réflexions que je voulais partager avec vous en ce début d'une année qui, si elle ne s'annonce pas facile, doit être l'occasion de moderniser notre économie et, ce faisant, de créer de nouveaux emplois.
Nous devons tout mettre en oeuvre pour réaliser cette vision volontariste de l'emploi.
La Reine et moi vous souhaitons une année de défis surmontés avec succès.

Wir müssen alle verfügbaren Mittel einsetzen damit diese Vision des Strebens nach Arbeitsplatzbeschaffung in die Tat umgesetzt werden kann.
Die Königin und ich wünschen Ihnen ein erfolggekröntes Jahr.