IVde Vergadering van het Internationaal Directie Comité voor de Economische promotie van de Plattelandsvrouw (1)

  • 22/11/2000
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(Tekst in vertaling)

Monsieur le Président,
Madame la Présidente du CDI,
Excellences,
Mesdames et Messieurs, ici présents ainsi que Mesdames du Monde Rural,

Je me réjouis de me retrouver ici Dakar pour la IVème réunion de notre Comité. Je voudrais rendre un hommage tout particulier Madame Viviane Wade pour l#enthousiasme avec lequel elle a repris le flambeau du CDI, en acceptant la présidence un moment où celle-ci était mi-parcours. Je vous remercie chaleureusement, Madame, et vous, Monsieur le Président, de nous offrir aujourd#hui l#hospitalité du Sénégal.

Au Sommet de Genève de 1992, où fut créé le CDI, nous avions décidé que l#un des mandats serait de suivre la mise en oeuvre de la Déclaration de Genève et les plans d#action qui en découleraient. Notre réunion d#aujourd#hui constitue un "Genève +8".

Au regard des objectifs et des stratégies assignés aux gouvernements et aux organisations internationales dans la Déclaration de Genève, des efforts importants ont été certes déployés pour sensibiliser les opinions publiques la situation des femmes rurales, mais force est de constater que les résultats laissent encore désirer.

Il est vrai que les réseaux et les groupes de pression divers dont le CDI fait partie, ont amené les gouvernements et les organisations internationales définir des stratégies en faveur des femmes rurales.

Il est également vrai que depuis la Conférence de Pékin en 1995, les femmes rurales sont de plus en plus considérées comme ayant le droit de participer la gestion de la vie publique. Plus personne en effet ne met en doute aujourd#hui le lien existant entre l?émancipation des femmes rurales et le mieux-être de leurs communautés.

Malgré ces progrès, nous constatons que le nombre de femmes rurales vivant en dessous du seuil de pauvreté a doublé depuis 1970. Elles représentent toujours plus d#un quart de la population mondiale et produisent plus de la moitié des ressources alimentaires. En contrepartie, elles ne possèdent que 2% des terres, ne reçoivent que 1% du crédit agricole.

Naguère, 90% de ceux qui mouraient la guerre étaient des militaires. Aujourd#hui 90% des victimes de conflits armés sont des civils, des femmes et des enfants dans les trois quarts des cas.

Partout, on exige des femmes des devoirs sans pour autant leur accorder des droits légitimes. Elles remplissent deux fonctions difficiles concilier : la fonction productive par leur apport substantiel l?économie de leur pays et la fonction reproductive, car elles donnent la vie aux enfants et éduquent les citoyens de demain.

Les femmes cachent souvent les injustices sociales que les décideurs de leur prétendu «bien-être» leur infligent en les maintenant sciemment dans l#ignorance et en les privant le plus longtemps possible du droit de s#exprimer.

De notre temps, il existe encore des personnes qui pensent que le savoir n#est que d#un côté et que de l#autre il y a uniquement l#ignorance. Pour certains le savoir est un pouvoir garder jalousement pour soi. L#usage injuste de ce pouvoir mène aux inégalités les plus scandaleuses, car il confine les personnes dans un statut inférieur qui ne leur donne pas accès aux droits les plus légitimes.

Il est immoral de dénier le savoir une partie de la société, dans le but de la dominer.

Voil pourquoi les gouvernements, les organismes internationaux et les ONG devront continuer relever des défis considérables pour faire en sorte qu#une éducation de qualité soit offerte de façon inconditionnelle tous les enfants, garçons et filles.

J#aimerais rappeler une phrase qu#a prononcée un jour mon mari lors d#une allocution la nation. Je le cite: «(?) Dans la transmission d?un savoir, le développement de la personnalité entière (?) sera l?objectif, aussi bien sur le plan moral, physique qu?intellectuel. La formation doit permettre aux jeunes d#entrer en contact avec tous les aspects de la réalité du monde d#aujourd#hui, d#en dégager les valeurs, bref, d#apprendre apprendre, mais aussi et surtout, d#apprendre vivre».

Tel que je le vois, cette citation constitue un défi pour chaque système d#éducation nationale - le défi étant d#assurer la transmission du savoir, tout en conduisant au développement complet de la personne, afin d#optimiser la qualité de la vie et la dignité humaine de chacun.

Il existe aussi des injustices flagrantes qui portent atteinte la vie et l#intégrité physique de la femme. Elles ne sont pas assez dénoncées, non encore établies partout comme étant des crimes de lèse-humanité. Personne ne peut y rester indifférent.

Je voudrais souligner ici l#action menée par madame Asma Jahangir, fondatrice de la Commission des Droits Humains du Pakistan. Cette Commission a reçu, en 1999, le Prix International Roi Baudouin pour le Développement. Je suis ravie que ses efforts soient reconnus. Elle lutte pour le respect de la dignité de chaque individu, en particulier celle des plus vulnérables: les femmes et les enfants. Cette cause est particulièrement noble. Elle nous met devant nos responsabilités et exige notre soutien tous.

Son message est clair: la renaissance de valeurs ethniques et religieuses constatée durant cette dernière décennie est systématiquement récupérée par des leaders dictatoriaux ou par des groupes religieux fondamentalistes. Ceux-ci font tout pour nier le caractère universel des droits humains. Ils font passer pour culture et tradition, ce qui en réalité n#est autre que la négation des droits fondamentaux.

Le travail de madame Jahangir s#inscrit dans le livre de la solidarité. Il y a des femmes privilégiées qui ont une carrière professionnelle, et d#autres qui n#ont pour atout que leur expérience de vie. Entre ces deux groupes de femmes une solidarité doit exister: les associations de femmes et au sein de celles-ci les juristes peuvent fournir aux plus démunies l#aide urgente qui mettra fin aux injustices sociales établies. En donnant aux femmes la possibilité de connaître leurs droits, elles contribuent incontestablement au développement social et humain.

Si je me suis étendue sur cet aspect de la lutte pour une plus grande justice, c#est parce que je crois fermement que le CDI doit poursuivre dans la voie de la solidarité et que je me rappelle ce que le Roi Baudouin ne cessait de répéter: «Le besoin absolu de retourner aux valeurs fondamentales de notre civilisation: la solidarité, la justice, la tolérance, le respect de la famille et de chaque personne.»

J#estime que dans le chemin qui reste faire pour améliorer la condition des femmes rurales, le CDI doit continuer jouer un rôle-clé. En effet, comme je vous l#ai dit tout l#heure, le CDI a indéniablement contribué la définition de stratégies en faveur des femmes rurales. L#objectif aujourd#hui n#est plus d#inciter les gouvernements et les organisations internationales définir des stratégies mais bien de les exhorter appliquer ces stratégies.

Grâce aux réseaux, aux groupements, aux organisations non gouvernementales, aux groupes de pression - grâce en fait la société civile - les femmes rurales ont pris conscience de leurs droits. Le CDI doit rester présent pour les aider dans leurs revendications et leur permettre d?accéder une vie meilleure dans un monde en transformation rapide. En soutenant les femmes rurales, nous assurons l#amélioration des conditions de vie de l#ensemble de nos sociétés.