Discours de S.M. le Roi - Noël et Nouvel An (24/12/2017)

24 décembre 2017

Discours de S.M. le Roi
à l’occasion de Noël et du Nouvel An
Bruxelles, le 24 décembre 2017

 

Mesdames et Messieurs,

Au début de ce mois, j’ai reçu au Palais un groupe d’enfants, curieux de découvrir et de comprendre ce qu'est le métier de Roi. En parlant de la préparation de mon discours de Noël, l’un d’eux a évoqué la chance que nous avons de vivre dans un pays aussi beau que la Belgique. Malgré les difficultés personnelles que nous rencontrons, malgré l’insécurité dans le monde et les menaces qui pèsent sur les grands équilibres mondiaux, osons voir les choses avec un autre regard. Un regard qui voit au-delà de ce qui manque, au-delà de ce qui fait défaut. Un regard qui s’émerveille.

Notre manière de voir les choses conditionne notre façon d’agir. Si l’on s’émerveille devant la nature, on agira envers elle avec plus de respect. Cela vaut d’autant plus pour ceux qui nous entourent. Au-delà de nos faiblesses et de nos manques, il y a en chacun de nous une riche beauté intérieure qui mérite d’être cultivée. A Holsbeek, dans une maison de repos que j’ai récemment visitée, les équipes soignantes aident les personnes âgées à révéler ce qu’elles ont de beau en elles, au-delà de ce que la maladie ou la vieillesse leur a enlevé. Cela les a amenés à imaginer, ensemble, de nouvelles façons de tisser des liens avec le voisinage. Nous y avons vu des gens heureux. Un tel regard sur la vieillesse est porteur d’espoir. S’émerveiller de la beauté de la vie, nous donne mille occasions de mieux la vivre et de mieux aider d’autres à bien la vivre.

L’émerveillement nous pousse à être créatifs. A Namur notamment, j’ai été impressionné par un projet qui rassemble des techniciens, des entrepreneurs et des artistes. Ils y apprennent, ils y réapprennent à s’étonner, à s’émerveiller devant de simples objets du quotidien, des outils ou des technologies qu’ils croyaient connaître. Et ils se mettent eux-mêmes à inventer et à innover. C’est aussi comme cela que nous devons appréhender les grands défis de notre temps, comme celui de l’avenir-même de notre planète. Nous les relèverons grâce à notre créativité.

Finalement, émerveillons-nous de ce que nous avons construit ensemble, notre bien commun, fruit d’une longue histoire de liens tissés dans la solidarité et les compromis. Nous pouvons y puiser la force pour ne pas céder au cynisme et à l’indifférence stériles. L’avenir de nos démocraties dépend en premier lieu du regard que nous posons sur elles. Il commence par les liens que nous tissons entre nous. Je pense ici à ce beau projet à St Gilles, porté par des jeunes, qui se veut être « une fabrique de liens ». On en ressort enrichi. Il y aussi ces jeunes d’origine immigrée que la Reine et moi avons rencontrés récemment à Vilvorde. Ils y ont développé des projets d’intégration sociale, en construisant sur la découverte de l’estime de soi. La beauté de leurs regards en disait long.

Mesdames et Messieurs,

Notre monde est agité. Des foyers de tension et de crises se multiplient. Nous avons plus que jamais besoin d’émerveillement. Nous en avons besoin pour nos enfants et leur avenir.

Faisons ce choix ensemble.

La Reine et moi vous souhaitons, avec toute notre famille, une joyeuse Fête de Noël et une belle nouvelle année.